Des coquillages de qualité

Pour garantir la qualité sanitaire des coquillages, les huîtres et moules de la lagune de Thau font l’objet d’un suivi régulier. Réalisé par divers organismes scientifiques, ce suivi se distingue en deux grandes catégories :

  • les suivis réglementaires réalisé au titre de la Directive Cadre Européenne sur l’Eau et des usages (pêche et conchyliculture…)
  • les suivis complémentaires

Les premiers permettent de détecter toute anomalie dans le milieu ou dans les coquillages et font l’objet d’un protocole spécifique pouvant conduire à la fermeture préventive de la commercialisation.

Les deuxièmes sont destinés à faciliter la gestion environnementale de la lagune de Thau par les différents gestionnaires. Ceux-ci sont sans conséquence sur la commercialisation.

La qualité sanitaire des eaux conchylicoles évaluée par les réseaux REMI et REPHY

Le réseau REMI

Créé en 1989, le REMI est le réseau de contrôle microbiologique des zones de production conchylicoles. Il a été mis en place d’une part pour classer les zones de production en fonction de leur qualité microbiologique (A, B, C) et d’autre part pour assurer le suivi de la qualité sanitaire du milieu.

Les indicateurs de contamination fécale mesurés dans les coquillages sont les bactéries Escherichia coli (Ecoli). Le niveau de contamination est exprimé en nombre d’Escherichia coli dans 100 g de CLI.

  • Le classement est basé sur un historique de résultats sur 9 points de surveillance. La zone conchylicole dans la lagune de Thau (zone 34.39) est classée B, ce qui signifie que 90% des résultats sont inférieurs à 4 600 Ecoli/100g de chair et liquide intervallaire (CLI).

 

  • Le suivi de la qualité est coordonné par Ifremer selon les conditions suivantes :

– surveillance régulière : 1 fois par mois. Ces analyses ne donnent lieu à un bulletin que si le seuil réglementaire est dépassé.

– surveillance en alerte :
• si la pluie dépasse 40 mm sur 48h, des analyses sont réalisées dans les coquillages  et donnent lieu à un bulletin d’alerte si le seuil réglementaire est dépassé.
• si un incident est déclaré sur le bassin versant
• si les eaux de baignade sont de mauvaise qualité

Dans ces cas, les résultats de la surveillance sanitaire peuvent conduire à des décisions administratives d’interdiction de commercialisation. Si le seuil dépasse  46 000 Ecoli/100g de CLI, la fermeture est immédiate, sinon, il faut 2 mauvais résultats consécutifs au-dessus de 4 600 Ecoli/100g de CLI pour provoquer une fermeture.

 

Le réseau REPHY/REPHYTOX

Certaines toxines présentes dans les organismes marins sont dangereuses pour les consommateurs, car elles s’accumulent dans les coquillages (toxines diarrhéiques, paralysantes, amnésiantes …). Celles-ci proviennent du phytoplancton. Le REPHY/REPHYTOX a pour objectif de détecter la présence de ces toxines dans les zones de production et de pêche.
Les phycotoxines réglementés sont:
‐ les toxines lipophiles incluant les diarrhéiques ou DSP : exemple Dinophysis
– les toxines paralysantes ou PSP : exemple Alexandrium
‐ les toxines amnésiantes ou ASP : exemple Pseudo-nitzchia
La surveillance consiste à suivre les phycotoxines dans l’eau (REPHY) tous les 15 jours. En cas de dépassement des seuils d’alerte, des mesures sont réalisées sur les coquillages (REPHYTOX)

Seuil REPHY pour la mise en alerte

Seuil REPHYTOX pour la commercialisation

Les méthodes de quantification des toxines lipophiles et amnésiantes sont des méthodes chimiques par chromatographie liquide.
Dans le cas des toxines paralysantes, la quantification de cette toxine est réalisée par bio-essai sur souris. Le test est réalisé sur les chairs totales égouttées des coquillages vivants selon la méthode de référence.
De la même façon que pour le suivi microbiologique, les résultats du réseau REPHYTOX peuvent conduire à des décisions administratives d’interdiction de commercialisation

 

Autres suivis complémentaires